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Lundi 14 avril 2008
Cette biographie est un complément à mon article "Un peu de Prévert" que vous pouvez retrouver ici.

Poète, scénariste, dialoguiste, parolier, dramaturge. Populaire et solidaire, curieux et insoumis, amoureux des femmes, des mots et de la contestation, Jacques Prévert, à travers son oeuvre, est allé au plus près de la réalité, tout en réalisant ses rêves. “Rouge de coeur”, le sien s’est arrêté en 1977…

1900. Dans le vrombissement du premier métro parisien, alors que la belle Dame de fer défile sous ses plus beaux atours à l’Exposition universelle, Jacques André Marie Prévert ouvre ses yeux un jour de février.

Avec Prévert, fort de son héritage surréaliste, tout se crée, tout se transforme. Saynètes, conversations, chansons, petits films, choeurs parlés… Il est bien difficile d’attribuer à ses poèmes un genre précis. Au réel, il mêle le surréel. Prévert aime perdre son lecteur, faire bouger les cadres de la poésie, bousculer les “déjà vu, lu, entendu”. Et tout en respectant la forme typographique convenue (titres, retour à la ligne…), Prévert refuse la rigidité du jargon poétique et son attirail. Empreint de liberté, à sa poésie la prose s’impose. "Paroles", son premier recueil, publié en 1949, n’est-il pas l’anagramme de “la prose” ? Un recueil où, tout en s’efforçant de préserver une unité thématique et linguistique, le poète alterne pièces engagées et d’autres plus légères, textes longs et textes brefs. L’art y est très souvent visuel, de la peinture au feuilleton en passant par la photographie. Un univers auquel Prévert s’est sans doute initié auprès du photographe
Robert Doisneau, lors de leurs promenades communes.

Manipulateur du langage, prestidigitateur des mots, Jacques Prévert fait surgir de ses expressions incongrues les situations les plus saugrenues. Comme
Federico Garcia Lorca, Prévert a en lui de la poésie à exprimer ou à écrire, mais certainement pas à expliquer. Précisément parce que définir, c’est figer, et que Prévert prône la liberté, le mouvement et l’agitation. Du mot, plus fort que l’idée, il en fait son jeu.

Jacques Prévert sait aussi parler d’amour, de joies et de rires. Son apaisement, il le trouve auprès des enfants, curieux et purs de tout préjugé. Ses préférés sont les cancres, les tête-en-l’air, les p’tits voyous. Auprès des femmes, également. Forte, éprise de bonheur et d’amour, luttant pour sa liberté et son intégrité, la femme prévertienne refuse de porter la muselière que la société phallocratique lui impose. Ainsi, au “Sois belle et tais-toi !”, ‘La Femme acéphale’ répond-elle : “Je souriais, j’étais belle et j’étais moi.”

Théâtre, cinéma, chanson. Autant de supports pour la poésie de Prévert. Autant d’expressions artistiques par lesquelles elle pouvait et peut toujours s’envoler, se libérer, exister. Une poésie qu’il a su détourner de ses cadres institutionnels et par laquelle il s’est évertué à inciter le peuple, “l’homme à tête d’homme”, à se servir des mots, à réinventer l’art, à réinventer la vie pour en être créateur. Car “l’art est un mensonge qui permet d’approcher la vérité”

Jacques Prévert écrit aussi de fabuleux poèmes en prose qu'il donne à son ami Kosma qui les met en musique pour Agnès Capri, Marianne Oswald, Juliette Gréco, les "Frères Jacques" ou encore Yves Montand pour ne citer que les plus célèbres. Les "Paroles" de Prévert seront réunies pour la première fois en 1945 par René Bertelé. Bien que certains libraires avaient prophétisés que "ça intéressent que quelques jeunes gens de Saint-Germain-des-Prés", l'ouvrage est accueilli comme une immense bouffée d'oxygène dans le climat littéraire d'après la libération et réédité à 5000 exemplaires dans la semaine suivant le jour de sa publication.

Jacques Prévert s'éteindra auprès de sa femme Janine en 1977 à Omonville la petite.

Curieusement c'est ce révolté qui avait en sainte horreur les institutions que la république des lettres allait couronner en baptisant de son nom quelques collèges et lycées et en le faisant entrer, à partir de 1992, dans l'illustre collection -sur papier bible- de la Pléiade.

Ces informations ont été recueillies sur le net. (Evene, Wikipédia, entre autres).
par Chana publié dans : J'aime communauté : BLOGS, en parler ...
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