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Voilà, nous arrivons au terme de cet exercice auquel vous vous
êtes prêtés avec implication, humour et originalité, ce dont je vous remercie. Aujourd'hui, ce sont Yoppodo, Azalaïs et Quichottine qui clôturent ce que j'ai envie d'appeler depuis le début : "vos épilogues en
délire".
Epilogue n° 5 - Auteur
Yoppodo
"Gaston se laisse faire, savourant avec délice ces mains qui lui parcourent le corps.
Ayant les mains libres, il se demande, le dadais, qu’en faire ?
Sa réflexion d’une durée infinitésimale l’amène à lui empoigner fermement les hanches. Un vrai masseur le Gaston, un bulldozer ! Plus besoin de chirurgien se dit Adèle.
Fini les ceintures velcro amincissantes et ma cellulite !
Il frémit des narines comme un taureau le Gaston! Dans la vie, y a les faiseux et les diseux ! Lui, c’est un besogneux !! Un vrai de vrai ! Un bûcheron de l’amour ! Un
ayatollah de l’orgasme ! C’est un desperado des chevauchées torrides ! Une machine à broyer !Un char d’assaut ! Et
pas miniature, grandeur nature en technicolor, son et lumière ! Hiroshima à lui tout seul ! Ses collègues de bureau n’oseraient y croire, eux qui l’ont surnommé « Chicoré »
(en retard comme d’habitude le Roux !)
Adèle n’arrête pas de crier son plaisir ! Il te la tourne, la retourne , la re-retourne, te la chamboule, te la vrille sur la table, le lit, la moquette, la cloue aux murs.
"Encore, encore", lui crie-t-elle entre deux spasmes !
"Le dernier tango à Paris", une gentille bluette pour intellectuels en mal d’aimer !
Le Gaston, il te la fait valser la petite. Pas besoin de biniou, de cornemuse, de flûte de pan, d’accordéon, de guitare, cymbales ou de triangle chinois ! Gaston c’est du Beethoven, du Wagner, un orchestre à lui tout seul !
Dans un dernier assaut, leurs cris se faisant écho, ils s’affalent, repus de plaisir !
Non, détrompez vous ! Gaston, qui est néanmoins un être sensible et délicat ne lui dit pas « alors heureuse » ! mais «vous
ai-je fait mal ma petite Adèle» ?
"Oh Gaston, chut, taisez vous mon grand fou ! Ne dites rien ! Vous êtes le premier à me traiter ainsi" ! Ils s’endormirent paisiblement jusqu’au petit matin et Gaston prépara
le petit déjeuner. Gaston avait trouvé sa fée et Adèle son homme !
Au bureau, elle croisa ses jambes, fit crisser ses bas .Gaston, imperturbable lui dit : "votre mission si vous l’acceptez, consiste à…….."
Si "La fée et le bûcheron" ou "Adèle et Gaston" n’est pas une fable édulcorée de La Fontaine dont la morale serait :
"Apprenez Mesdames à écouter un homme silencieux
Et vous Messieurs à écouter la musique d’une femme silencieuse
Car de leurs étreintes un concerto peut naître"
Qu’est ce donc ? Juste une Chanatoverie !!"
Merci Yoppodo.
Epilogue n° 6 - Auteur
Azalais
"Ah, ça va mieux, je me demandais bien où vous vouliez en venir ?"
"Mais à la même chose que vous, mon ange ! Vous n’aviez pas encore
passé la porte de mon bureau que déjà je savais ! Nous ne sommes pas dans les RG pour rien ! De toute façon, votre réputation vous avait précédée et pour tout vous dire… je vous avais imaginée
autrement pour ce premier rendez-vous, avec, comment dire… une tenue un peu plus… enfin… un peu moins… Bref, ne gâchons pas notre plaisir ! Disons que je vous ai soumise à un petit test de
bienvenue, pas bien méchant avouez le ! Mais maintenant, je suis là, tout à vous, tel Jules César, prêt à franchir le Rubicon ! Et voyez comme je sais tout de vous ! Je nous ai commandé de la
petite friture et un plateau de fruits de mer ! Mon petit doigt m’a dit que vous en étiez très friande !"
Adèle n’en croyait pas ses yeux ni ses oreilles ! Ainsi, il s’était moqué d’elle ! Ainsi, il avait enquêté ! Peut-être avait-il été jusqu’à mettre des micros derrière ses totems ! Et elle s’était
laissée piéger comme une débutante ! Soudain, elle se sentit humiliée, bafouée, pleine de haine, de rage et d’amertume ! Comment avait-elle pu être assez stupide pour vouloir attirer dans
ses filets ce poisson ridicule et prétentieux, prétentieux au point de ne rien connaître aux dix commandements du jeu de la séduction ! (Si , si, ça existe !) Abattre ses cartes aussi vite !!
C’était d’une goujaterie !
Toi, tu ne sais pas ce qui t’attend ! Comme le disait ma grand-mère : "A la St Gaston, trie la semence et enlève le bourgeon" ! Et si tu veux mettre le petit Jésus dans la crèche, ben va
falloir attendre la mienne de fête ! (qui est, comme tout le monde le sait le 24 décembre) Ah ! Il veut franchir le Rubicon le Gaston ! Franchis, franchis mon joli ! Alea Jacta est !
Adèle ne laissa rien paraître de la colère qui l’habitait ! Tout d’abord, elle l’écouta avec un ravissement extrême raconter le moindre de ses exploits en le gratifiant de petits gloussements
d’extase (façon Ste Thérèse d’Avila recevant les coups de burin du Bernin !) Puis, elle s’absorba avec application dans la dégustation des fruits de mer. Elle jouait de la langue et des lèvres
avec la chair de la crevette, désemmaillotait avec langueur les petites queues roses des langoustines, les mordillait avec tendresse tout en jouant timidement du genou sous la table. De temps en
temps, elle léchotait savamment un à un tous ses doigts, attaquait gaiement les bigorneaux avec de petites banderilles pour les faire émerger lentement de leur coquille. Elle allait picorer la
petite friture dans l’assiette de Gaston en chantonnant de façon ingénue et gourmande : "Petit poisson, petit poisson, laisse moi te pêcher, laisse toi doucement harponner, laisse moi te
plumer la collerette et t’enflammer le bec, petit poisson farouche, je t’attends dans mes golfes, dans mes détroits, dans mes tempêtes … "
En dessert, elle commanda un jardin d’amour, une sorte de fondant au chocolat. Elle fit mine de s’enivrer de son odeur épicée, en découpa le couvercle avec grâce pour en faire jaillir une petite
rivière chaude et odorante où flottaient deux griottes. Elle croqua la première avec délectation et lui offrit la seconde en caressant ses lèvres de ses doigts enduits de chocolat.
Le Gaston du début avait perdu de sa superbe ! Sous la table, le genou s’était fait plus pressant. Aussi, c’est en bredouillant presque qu’il demanda enfin : "Et si nous allions admirer votre
coco, votre cocollection de totems !"
Elle le gratifia d’un sourire angélique et lui dit : "Chose promise, chose due mon cher Gaston, permettez moi juste d’aller me repoudrer le nez." Mais, au lieu d’aller aux toilettes, elle
fonça sur Luigi, le serveur vedette de l’Espace Europe et elle fit ce qu’elle n’avait encore jamais osé faire : elle glissa dans la poche avant de son jean plus que moulant un billet de 500 euros
à l’intérieur duquel elle avait mis sa carte de visite en lui chuchotant à l’oreille : "Luigi, s’il vous plaît, pourriez-vous aller remettre ce mot au monsieur de la 212 ?" Elle griffonna alors
le petit mot suivant : Je suis infiniment désolée Mr Gaston, mais je dois aller de toute urgence dérober les plans secrets d’un sous-marin de poche dans la chambre d’un espion Australien qui se
fait passer pour un torero cisalpin du nom de Pompée ! On se demande où ils vont chercher des noms de code pareils ! Elle venait de remporter la première bataille ! N’avait-il pas dit : "Pour
ce premier rendez-vous ?".
Merci
Azalaïs.
Epilogue n° 7 - Auteur
Quichottine
"Une suite stridente de notes aigües retentit soudain. Quelqu'un
s'acharne sur le bouton de la sonnette de la porte d'entrée.
Adèle sursaute et pousse un cri en
heurtant le coin de la table basse.
P... de B... de m.... !!!! Impossible de rêver tranquille !
Dans sa hâte, elle a fait tomber le roman d'espionnage
sur lequel elle s'était endormie. La photographie de l'écrivain s'étale en première page, les tempes grisonnantes, le sourire enjôleur, tout est là. Le héros s'appelle Gaston. Drôle d'idée !
c'est du moins ce qu'elle avait pensé avant de faire ce rêve troublant.
A la porte, il n'y a personne. Mais, alors qu'elle s'apprête à la claquer dans un mouvement rageur, son regard tombe sur un bouquet que l'on a déposé sur le seuil. Il est tout petit, simple, ravissant, composé de fleurs des champs. On les a nouées d'un ruban bleu.
Adèle est surprise. Mais elle aime cet assemblage un peu naïf, ce ruban bleu. Elle ramasse le bouquet et, en le mettant dans
un grand verre (un vase ne sierait pas), elle y découvre une petite carte, pliée en deux.
"Demain soir à dîner
?"
La signature est là, tracée d'une écriture qu'elle ne connaît pas...
"Gaston"."
Merci Quichottine.
Comme moi vous avez pu constater que nous avons lu des fins aussi bien
originales que très différentes les unes des autres.
Je remercie l'imagination et l'humour qui furent les vôtres. Peut-être publierai-je la seconde version d'un épilogue, que Yoppodo m'a fait parvenir tardivement, dans quelques jours. Sans doute
avec celui d'Irène que j'attends encore.
Je reprends à présent possession de mon espace que vous avez, durant quelques jours, occupé de façon très plaisante. Ce fut une expérience enrichissante d'idées et d'échanges. Encore merci à vous
tous.
Que votre journée soit belle.
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