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Votre histoire exquise : Le troisième millénaire inclus l'épilogue
Je sais, je deviens gâteuse à force de vous répéter que je vous remercie. Mais comment puis-je faire autrement ? Une introduction, vos suites, un épilogue et voilà
qu'à nous tous nous créons une histoire. Et quelle histoire !
Alors oui, merci.
N'oubliez pas, le bêtisier est pour demain.
Cette semaine j'inscris le nom de chaque participant avec un lien vers son blog avant la rédaction de l'histoire et non plus en regard des paragraphes. C'est plus facile
pour moi.
Patrice Eawyne Skal Revelise Kattig Ephemeridiae Ruegy Camomille Polly Le Bigorneau Kirikino Flo Sumi Tilk Va l’r Yoppodo
Danyboy Quichottine Azalaïs Pol Wings of hope
(Pardon si j'ai oublié quelqu'un)
Le troisième millénaire
Le début de l'histoire :
Laetitia avait le regard dirigé vers le ciel, comme tant d’autres mais ce qu’elle était probablement la seule à contempler était le ciel immaculé, dénué de toute pollution
lumineuse… les étoiles brillantes, magnifiques et innombrables… Elle n’avait jamais vu cela encore à Paris. Le sol se mit alors à trembler, c’est quelque chose de diffus, presque imperceptible
mais indéniable. Et ce ne sont pas les quelques métros assurant le service qui en sont la cause.
Quelques bouchons de Champagne explosent et les impatients commencent à boire à la nouvelle année.
Soudain un calme plat, personne n’ose bouger, personne n’ose crier, tout en regardant le ciel, là où les étoiles éclairent, une boule blanche traverse le ciel. Stupéfaits certains
lèvent le doigt et s’ensuivent ensuite des traînées de petites boules, tout d’un coup, une, tombe à terre…
Cette boule blanche émettait une forte lumière qui faisait presque mal aux yeux. Laetitia se demandait si elle rêvait ou si simplement elle faisait une hallucination. Elle n’avait
pris qu’un verre de Champagne, tout le monde était sur le choc.
Ce que vit Laetitia et bien d’autres avec elle, ce fut la forme, la boule qui s’ouvrit… D’elle émanait une lumière aveuglante mais il semblait bien que quelque chose en sortait.
Laetitia plissait les yeux, ça avait bien deux jambes et deux bras mais pas forcément à la bonne place. Une forme ovale en guise de tête, quelque chose qui s’agitait derrière. Qu’était-ce ?
Laetitia reprit un peu de Champagne…
Etait-ce l’effet des bulles ou l’ambiance avoisinante mais il lui semblait que la forme était coiffée d’un petit chapeau pointu surmonté d’une ampoule fluorescente.
Du moins c’est ce que l’on pouvait discerner qui faisait penser à une ampoule fluorescente. Mais c’était bien la première fois que l’on voyait cela, donc difficile d’expliquer ce que Laetitia
voyait. Mais une autre personne présente aux côtés de Laetitia avait un air connu mais elle n’arrivait pas à se rappeler. Mais soudain elle se rappela cette fameuse phrase : « quelqu’un les a
vus… »
Laetitia reprit un peu de champagne. Elle se demanda si, malgré cette soirée où elle pouvait se griser, le champagne n’était pas responsable de cette boule de feu. Ce fut la
dernière question qu’elle se posa…
… immédiatement happée par la boule. C’est extraordinaire comment une personne de la taille de Laetitia avait pu rentrer dans aussi petite boule…
Mais elle ne fut pas la seule à être embarquée, d’autres joyeux fêtards, encore la flûte à la main, se retrouvèrent comme elle, coincés dans cette œuf translucide. Elle se sentait
devenir légère, légère. Le Champagne en était sûrement la cause, se dit-elle. Mais ce n’était pas la première fois qu’elle buvait et jamais elle n’avait éprouvé de telles sensations. Une
merveilleuse légèreté, un bien-être impressionnant, elle se laissa guider.
Elle se laissa guider dans cette boule d’où elle voyait les autres avec leur coupe de Champagne à la main, embarqués comme elle vers le ciel. Il y avait devant elle une espèce de
traîneau et, plus loin encore, quelques animaux qui semblaient tirer ce traîneau. Mais oui elle avait bu c’est certain mais elle voyait quand même qu’ils ressemblaient fort à des rennes mais ils
avaient des ailes translucides avec des nervures brun orange comme des feuilles d’automne. Ah ça alors, se dit-elle. Que m’arrive-t-il, où m’emmène-t-on ?
"Elle a fait un malaise vagal la p’tite dame" ? Laetitia émergea des brumes cotonneuses des vapeurs d’alcool. Elle voyait ce type édenté lui sourire comme un esquimau qui
aurait trouvé une noix de coco sur la banquise… Elle se sentait toute molle comme vidée d’énergie. Alors, le clodo la chargea à nouveau sur ses épaules.
Mais elle ne voulait pas suivre. Prise d’une répulsion pour le clodo elle lui donna un grand coup de dents dans le nez.
Il hurla et la reposa et là, quelle ne fut pas sa surprise de voir qu’elle volait et n’arrivait pas à se poser. Tel fut d’abord le mot qui lui vint à l’esprit.
Bon sang, mais c’est quoi c’drôle de papillon ? Merde, mon nez ! Elle m’a bouffé l’nez ! Le clochard trifouilla dans le caddie où il trimbalait ses maigres affaires et en sortit un
immense filet à papillons qu’il fit tournoyer au dessus de sa tête. Viens par là, que je t’attrape sale bête !
C’est sans doute la grève générale et illimitée et expropriatrice qui commence. Cette panne était le signal : le métro, les trains, les avions, tout s’arrête. Peu à peu, tous les
ouvriers et employés rejoignent leur poste de travail. Pour les occuper, des comités sont créés partout. D’abord dans les boîtes, puis au niveau local et ensuite dans chaque secteur, dans chaque
branche. Ensuite, c’est au niveau régional. Devant une telle ampleur, les flics et les militaires n’ont plus qu’à faire crosse en l’air et rompre les rangs. Une société basée sur l’autogestion
prend place se basant sur les besoins réels des personnes et non plus basée sur l’exploitation de l’homme par l’homme. Une société humaine. Vive l’anarchie !
Mais ce n’est qu’un pauvre rêve ou certainement un cauchemar dans la tête embuée de bulles de Champagne de Laetitia.
Les boules de feu, les personnages étranges, le clochard et maintenant la voix de Johnny… Elle respire un grand coup, regarde autour d’elle. Non, ce n’est pas un cauchemar, Johnny
est bien là, elle le reconnaît à ses lunettes. Il discute avec le vagabond mais elle n’entend pas leurs propos. De quoi peuvent-ils bien parler ?
Ils parlent de cheveux longs et d’idées courtes et de noir c’est noir. Oui, c’est bien noir car ils sont plongés dans une obscurité impressionnante. Y’a que Gilbert qui est à l’aise parce que
Francis, dans sa cabane au fond du jardin, il est bien dans la merde avec tout ce noir ! Même à tâtons, il trouve pas les cailloux. Y’a que Laetitia pour voir son beau Johnny. Peut-être
est-elle frappée de myxomatose ?...
et de surdité partielle car elle n'entend plus rien. La ville noire s'étale à ses pieds et c'est bizarre ! Aucun affolement, les voitures vont lentement, tout est vraiment trop calme. Elle décide
de filer ou plutôt de voler vers la campagne, vers cette cabane retirée dont on lui avait parlé il y a longtemps. Un ami de Johnny sans doute. Il fallait qu'elle se ressaisisse, qu'elle reprenne
pied et elle faisait d'immenses efforts pour ne pas s'envoler plus haut.
S'élever encore plus haut dans le ciel en pensant à ce bateau, eut un effet magique sur la pauvre Laetitia. Elle commençait déjà à se métamorphoser en mouette rieuse et c'est dans un éclat de
rire qu'elle se dirigea vers le bord de la mer.
Mais ce n'est pas facile. Tout la pousse. Il semble que rien ne puisse l'empêcher, pas même elle, de se transformer en oiseau. Tout plutôt que de rester dans ce noir impossible qui recouvre la
terre.
Cette envie vraiment pesante de s'envoler plus haut lui rappelait aussi combien il est intéressant de prendre de la hauteur, du recul sur ce monde qu'elle considère comme éphémère. Mais ne
serait-elle pas elle aussi éphémère ? A cette pensée, elle se raccrocha à cette idée de cabane (au fond du jardin) mais elle se dit aussi qu'elle pourrait aller se poser sur un bateau, celui
peut-être de la Croisière s'amuse. Excellente idée en cette fin d'année.
Et c'est là qu'elle le vit, le bonnet rouge et plein de vie du commandant Cousteau.
"Ohé du batoooooo" ! cria-t-elle.
"Hardi les gars, vire au Guindooooo" entendit-elle pour toute réponse.
"Ah non les gars, vous ne pouvez pas me laisser là, moi l'écolo moueto rigoleuse ! Un peu de Champ' ça vous dirait ? A voir vos tronches de vieux marins dévorées par les crabes, ça ne vous ferait
pas de mal. Oh, mais qui voilà ? Vous avez retrouvé Charcot ? Ben pour un scoop, ça c'est un scoop" !
La mouette rieuse croyait s'en être débarrassé de ce charcot qui n'aimait que manger. Quelle déception, elle avait râté son "meurtre" en le privant de nourriture, pfft tout était à
recommencer. La mouette ne pouvait le supporter...
Laetitia la mouette rieuse agita ses ailes toutes neuves et décida de profiter de ce vol inespéré... Elle survola l'océan Atlantique, la Baltique, la mer du Nord, attirée irrésistiblement vers
les régions polaires. De sa hauteur elle pouvait apercevoir des milliers de bateaux sur les mers et toujours cette absence de lumière sur terre. Que devenaient Johnny et Francis ? Etaient-ils
toujours dans la cabane au fond du jardin ?
Et tout d'un coup il revenait à Laetitia ce souvenir de Francis qui avait été satellisé lorsque le noir se fit d'un coup. Il avait allumé une bougie avec ses allumettes sans s'apercevoir que la
cabane au fond du jardin n'était pas seulement un trône mais aussi un stock de munitions. Et pouff, Francis fut satellisé. C'est alors que Laetitia versa une larme en voyant lors de son
voyage passer une partie de Francis. Mais où donc était Johnny ?
Elle vit la Calypso, l'Hispaniola, le Pourquoi Pas, la Licorne et le Sirius empli de bouteilles de rhum. Cuite, cuite, se dit-elle. Et là, l'auberge de l'amiral Benbow avec, au fond d'un coffre,
la tâche noire de Billy Bones. Serait-ce là la clé de ce mystère ? Ah ! Long John silver, vieux pirate ! Où donc étais-tu passé pendant que le Francis et le Johnny grattaient de la guitare. Ah
que coucou, Long John !
Ce vieux sac d'os de Billy Bones, ce rat d'égoûts de Long John Silver avec son incisive en argent toujours disposé à faire sauter la capsule d'une bouteille de bière, ce ferrailleur de Johnny
Hook qui grattait la guitare de son crochet d'acier tandis que Francis Hums s'essayait au bongo. Ils avaient tous l'air décidé pour une séance de SOOP (Super Oisif Original Pirate) qui durerait
toute la nuit.
Ils décidèrent aussi de rebaptiser cette séance : Sueur Originale Olfactive Personnelle, du terme anglais SOOP qui peut aussi signifier : suer des méninges. Pas si bêtes ces Britts. Il en
faut de la sueur pour faire un sccop.
Souvent dans les soirées branchées parisiennes on entend cette expression très IN qui dit au lieu de on se fait un poker ou une belote : non merci on se fait juste un quick
soop.
Vois-tu ce que je ne vois pas, toi qui ne vois pas non plus ? disait pendant ce temps Johnny à son nouveau pote le vagabond édenté. Johnny essayait désespérément d'allumer le feu en frottant ses
doigts l'un contre l'autre. Il se croyait dur comme un roc. C'est ainsi que rapidement il se fit des ampoules dont les extrêmités ressemblaient à des lucioles. Il se prit d'un coup pour E.T.
Johnny Halle E.T.
Ah que coucou Laetitia, elle faillit s'évanouir en entendant cette voix d'outre-tombe lui prépondre (répondre). Un immense moustachu hirsute était apparu comme par enchantement devant elle. Si je
m'en sors, j'arrête la picole, se promit-elle, au moins une semaine.
Laetitia la mouette rieuse s'était posée sur le rebord de la fenêtre et observait toute cette faune bizarre à travers le carreau cassé.
Elle a de très bons yeux Laetitia, pour observer dans cette obscurité totale. Quelque chose vient de tomber. Qu'est-ce donc ? Ce sont les planches de la cabane de Francis le satellisé qui
s'accrochent à elle dans la solitude profonde de son état.
C'est à ce moment-là que Laetitia se dit que "non, ce n'était pas possible". Elle avait franchement trop avalé de pilules roses en même temps que ce Champagne. Elle ne savait plus vraiment ce
qu'il s'était passé, elle avait volé dans une bulle, elle s'était ensuite prise pour une mouette. Mais toujours revenaient à ses côtés ou dans sa tête, elle ne savait plus vraiment où, Johnny et
Francis. Mais dans tout ça il manquait Patrick. Elle se décida à l'appeler : Patriiiiiiiiiiiiiiiick. C'est vrai ça ! m'enfin pourquoi Patrick n'était-il pas là lui aussi ?
Oui bien sûr, mais pour l'instant il est à Lille.
Enfin Lille, je me comprends. Je voulais dire l'île, l'île sur la SOOP (Sauvetage Osé des Oursons Perdus). Cre vindiou, c'est-y bien sûr !
Patrick était sur l'île de la SOOP, Francis était satellisé et Johnny n'avait pas quitté la cabane au fond du jardin... la mouette s'envola à nouveau après cette courte pause. Elle vola pendant
des jours et des jours, il faisait de plus en plus froid. Enfin, elle finit par atteindre ce pôle qui l'attirait tant. Ses ailes étaient gelées et lui faisaient mal lorsqu'elle aperçut une petite
cabane au fond de la Banquise.
Elle se demanda s'il y avait des cailloux ici car là-bas ils avaient été atomisés par l'explosition (explosion). Il y a à Lille, sa ville natale, des cailloux, se dit-elle, ne sachant comment se
poser.... Elle aimerait tant en cet instant entendre la voix de Patrick...
Mais Patrick ne pouvait pas chanter pour Laetitia, il jouait au poker avec des pingouins à Lille.
5, 4, 3, 2, 1, booonne année, tout le monde s'embrassait, le Champagne coulait à flots, la lumière était bien présente et la Tout Eiffel brillait de mille feux. Laetitia venait d'avoir un léger
étourdissement dû à quelques pétards qu'elle avait mal supportés. Tout était normal. Au gui l'an neuf.
Au diable l'affreux Patrick avec ses yeux de merlan frit et sa bouche de sardine à l'huile ! Non, non ! A la mouillette Laetitia il lui fallait du frais, du neuf, de l'inédit et surtout se sortir
de cette histoire absurde. Voilà ce que c'est à tout vouloir privatiser, on se retrouve dans le noir, le SOOP, le Zipp, les Zups, à moins que ce ne soit un soap interminable et stupide ! Mais que
vois-je là-bas ? La cabane du Père Noël avec tous ses lutins ! Ohé du Père No ! Vous qui avez de la bouteille, nous avez bien une solution pour nous sortir de cette galère ? Aï oh, aï oh !
entendit-elle à l'intérieur.
Le père Noël, après sa tournée mondiale, venait d'atterir dans le noir et trébucha sur quelque chose qu'il assimila à des cailloux. Il blasphéma, n'y voyant goutte. Toute la planète était dans le
noir, même la ville lumière ! Il pria pour que les russes cessent leurs interminables essais nucléaires et que les gens puissent à nouveau rire, s'amuser, danser, partir en croisière et que les
cailloux laissent de nouveau place à l'herbe que le monde entier soit rempli d'enfants et que toutes les maladies soient à jamais vaincues.
Vos derniers mots