Dimanche 18 novembre 2007
L’histoire exquise n°1 reconstituée - "Les enfants
terribles"
Certes, l'histoire est un peu longue car vous avez été nombreux à l'alimenter de vos suites et de votre imagination.
Comme promis, le nom de chaque auteur comporte un lien vers son blog. (sauf pour ceux qui n'ont pas de site évidemment).
L'histoire est suivie du bêtisier et d'un passage qui n'a pas trouvé place dans le texte car arrivé en décalage.
Rappel du début de l'histoire. Souvenez-vous...
Nicolas a huit ans. Il est très complice avec sa petite soeur Pimprenelle, de deux ans sa cadette.
Les deux petits espiègles ne sont jamais à court d'idées lorsqu'il s'agit d'inventer des farces. La veille, ils ont fait croire à leur maman que Grosminet, le vieux chat de la famille, avait
englouti Titi, le petit canari. Pour que l'illusion fût totale, ils avaient pris l'oiseau et l'avait caché dans une boîte à chaussures. Ils ont laissé la porte de la cage
grande ouverte et ont couru vers leur maman. Ils ne s’étaient pas attendus à la réaction étrange de celle-ci.
Ephemeridiae Ils venaient de comprendre que leur maman adorait Titi et que cette mauvaise blague lui faisait de la
peine. Maman avait pleuré toutes les larmes de son corps et les deux enfants n’osaient plus lui dire toute la
vérité. Ils devaient pourtant retrouver l’oiseau, le remettre dans sa cage. Mais en arrivant à la boîte à chaussures, quelle ne fût pas
leur surprise de se rendre compte que la boîte était maintenant vide.
Black
flame Affolés, les deux garnements cherchèrent aux alentours. En vain. Tout ce qu’ils trouvèrent se résuma à deux
petites plumes jaunes...
Flo ... chiffonnées et tâchées de quelque chose de rouge.
Skal Elles étaient tombées lorsque Nicolas avait mis Titi dans la boîte. Le soir, lorsque papa revint du travail, n’y tenant plus Pimprenelle lui raconta toute
l’histoire. Humph, humph dit-il… et il alla voir dans le placard où était rangée la boîte. Il en manquait. Toutes celles contenant ses chaussures d’été avaient disparu…
Chérie, tu as fait du rangement aujourd’hui ?
Oui, oui, dit-elle. J’ai monté toutes les saletés du placard au grenier. Les enfants avaient renversé ton petit pot de peinture à maquette rouge, j’ai
nettoyé, et pour faire de la place, je n’ai conservé que les boîtes contenant les chaussures d’hiver.
Chana Où donc était passée la boîte où se trouvait
Titi ?
Béatrice La boîte n’a pas disparu toute seule ! Impossible qu’elle ait été mise à la poubelle puisque la famille respecte le tri sélectif. Au pire, elle est dans la
caissette orange où sont stockés les cartons et les emballages à jeter.
Cali Mais bon sang ne serait-ce pas une de celles que j’ai monté au grenier ?
Patrice Mais pour en être sûre il va falloir que
j’aille vérifier. Il serait étonnant que cette boîte se trouve au grenier. En effet, je me rappelle qu’à ce moment j’ai été interrompue par cet appel téléphonique de notre voisine qui cherchait
une boîte pour ranger ses disques anciens.
Nymphea Je lui ai dit : « Madame Dusillon, quelle coïncidence, mais justement je jette les boîtes, venez donc, elles sont petites…mais en collant, ça ira pour
vos plus petits. Elle est venue et elle a tout pris.
Croc Mais quand je dis tout, c’est tout, même les boîtes avec la collection de timbres de l’arrière grand-père, celle avec les sous-vêtements coquins d’une lointaine
ancêtre, ancienne courtisane, les boîtillons qui contenaient des brimborions sans importance. Mon Dieu, j’y pense…
Chana C’est ainsi que la boîte où se trouvait Titi avait
disparu. Elle se trouvait à présent chez madame Dusillon qui l’avait déposée sur la table de la cuisine en attendant de s’en occuper plus tard. Nos trois compères se regardèrent décontenancés.
Comment récupérer la boîte à présent ? Comment expliquer à maman que Titi s’y trouvait ? Pauvre Titi, seul et sans doute apeuré, dans une boîte à chaussures sur la table de la
voisine !
Danyboy Les deux enfants sortirent de la maison pour essayer d’apercevoir la boîte par la fenêtre de chez la voisine, et là, soulagement, Titi n’était pas seul, le chat
de la voisine essayait de soulever le couvercle de la boîte pour jouer avec lui.
Skal Madame Dusillon était un peu brouillonne et sans doute un peu tête en l’air. Elle avait déposé les boîtes récupérées dans le hall d’entrée de la maison. Elle
entendait bien un bruit…un frottement…mais elle ne parvenait pas à l’identifier. De plus, elle avait peur des souris et passait son temps à guetter le sol de sa cuisine à chaque petit raclement
intempestif.
Moâ Lorsque soudain elle entendit un bruit provenant de cette boîte. Intriguée, elle s’approcha de celle-ci. Et là, stupéfaite, elle vit la boîte qui semblait bouger,
plus exactement, avancer. Elle eut un geste de recul mais la curiosité étant la plus forte, elle s’approcha de la boîte…
Calliopé Voilà donc l’objet qui attirait tant la convoitise de Mistigri, songea madame Dusillon. « C’est bizarre, j’ai l’impression de t’avoir déjà vu quelque part.
Attends voir, tu ne serais pas l’oiseau des voisins ? » Elle approcha sa main de la boîte pour attraper le canari mais, plus vif que la dame, il s’échappa de la boîte et s’envola par la
fenêtre ouverte.
Le Bigorneau Mais aussitôt il se rendit compte qu’il n’avait plus l’habitude de voler. Il décida de se poser un instant pour récupérer, fatigué par toutes ces
émotions.
Polly A ce moment-là, Grosminet surgit mais se prit les pattes dans une pelote d’épines. Titi s’envola avec
effort pour se poser sur la branche du premier arbre à sa portée.
Calliopé Les deux enfants en profitèrent pour tenter de se hisser dans l’arbre où s’était posé Titi. « Je suis trop grand, déclara Nicolas, les branches vont céder,
vas-y toi Pimprenelle ». Prenant son courage à deux mains, la fillette se hissa sur la première branche aidée par son frère qui lui fit la courte échelle. Elle continua à monter, Titi ne
bougea pas. Il semblait observer avec attention l’ascension de la jeune fille. Elle arriva presque à la hauteur du canari, aidée par les injonctions de Nicolas lorsque soudain, une branche
d’arbre se déroba sous ses pieds et elle dégringola quelques mètres plus bas, sur Nicolas.
Quichottine Justement, à ce moment-là, la mobylette du livreur de pizza stationnait sur le trottoir devant la maison. Titi vit qu’il y avait sans doute là un moyen pour lui
de fuir au plus vite. Il en avait assez de se battre avec Grosminet et surtout des farces de Nicolas et Pimprenelle. Il avait envie de voir du monde.
Lo Tous ces paysages accrochés au mur de la maison, toutes ces images aperçues dans des magazines ou des livres derrière les barreaux de sa cage. Alors, ni une ni
deux, à tire d’aile, Titi se lance vers la mobylette sous le regard consterné des enfants encore en train de se relever et atterrit dans la caisse-porte-bagage-pizza restée ouverte. Les enfants
accoururent en criant mais avec son casque, le livreur n’y prend pas garde, il referme sa boîte monte sur son engin et démarre.
Quichottine Titi commence à se demander s’il a bien fait, non pas de partir ça il est sûr d’avoir raison, mais de se jeter dans la boîte à pizza comme il ne l’eût pas fait
dans la gueule du loup ! Il est maintenant dans une situation délicate : de boîte à chaussures à boîte à pizza, n’est-il pas tombé de Charybde en Scylla ? La mobylette poursuit son
voyage infernal…et titi n’y voit goutte. Il a peur de ce bruit qui l’empêche de réfléchir en paix. Cet engin de malheur ne semble pas vouloir s’arrêter. Comment donc fera-t-il pour changer de
monture ? Le livreur de pizza a décidé de faire un petit détour.
Yoppodo Il s'arrête au 22 de la rue des
moineaux et grimpe les escaliers quatre à quatre.
Sa mob restée dehors attire la convoitise d'un chenapan qui s'empresse de la voler. Le coeur de Titi s'emballe, peu habitué aux excès de vitesse et aux pétarades. Le voleur de mobylette
perd rapidement le contrôle. Il ne maîtrise plus rien. La mobylette le mène droit dans les bois. Une bosse, deux bosses font s'envoler la mobylette à plusieurs mètres de haut. Le
voyou s'écrase lourdement. Il peut désormais jouer aux osselets avec sa colonne vertébrale ! Quant à la boîte à pizza, emportée par le courant, elle se laisse déposer sur un banc de sable. Titi,
secoué par ces péripéties, avait fermé les yeux, arque bouté ses muscles, prêt au pire, le malheureux ! Les chocs successifs de la boîte à pizza ont ébréché la caisse qui laisse
filtrer une lueur. Courageusement Titi ouvre un oeil et s'essaye à deviner l'extérieur. Il aperçoit un oeil immense, globuleux, qui l'observe aussi. Un oeil de crocodile ! Et ce bruit de tic
tac ! Titi, toutes plumes hérissées, en perd une.
Nymphea Mais il n'est plus à une plume près oh non ! L'oeil le regarde fixement, un oeil blanc ponctué de signes noirs tout autour, un oeil blanc qui "parle" vite,
vite...tic tac tic tac tic tac......au centre de l'oeil, deux flèches...tic tac tic tac....soudain......
Nymphea ...un cri strident, assourdissant... trinnnnnnnnnnnnnnnnn...Titi s'enfonce dans la crème rouge entre les boules noires et vertes. Il est en sécurité, il a
chaud...il attend la fin de l'alerte .Cet oeil parle, il crie, il l'attend........là, derrière le carton.... tic tac tic tac, c'est le petit coeur de titi qui s'affole... il prie le dieu des
titis :"je voudrais que ce soit un cauchemar...il faut que je me réveille... je serai sage... que je me réveille... s'il vous plait."
Nymphea Mais son Dieu ne l’entend pas. Quelqu’un reconnaît le cri de « la bête », quelqu’un qui passe sur le chemin près de la rivière : un vieux solitaire
qui vit dans une petite maison, au bord de la forêt, un homme heureux qui vit au rythme des saisons…avec le soleil et la lune. Ce cri, il le connaît, c’est celui d’un instrument qui lui a
pourri la vie…autrefois ! Il se précipite vers le tas d’ordures d’où sort la sonnerie insupportable et…
Yoppodo il entend le crocodile clamer à Titi : t’as d’beaux yeux tu sais
Titi !
Croc Titi, pas fou, se garde bien de faire la réponse attendue : embrasse-moi. Il se doute trop bien de ce qui l’attend dans ce cas. Il décide donc de
ruser pour se sortir de cet imbroglio, et là, tout d’un coup…
Yoppodo ... le crocodile se met à chanter « I want to be loved by you just you…” Poum poum
bidoo poum. Titi se dit…
Ephemeridiae il est vraiment trop con ce crocodile… Il se met à chanter comme Marilyne. Prenons-le au pied de la lettre… Une boule à facettes descend du ciel, Titi revêt un
smoking et se met à danser avec le crocodile qui n’avait eu d’expérience aussi passionnante depuis ses dernières virevoltes avec un hippopotame. Cependant, Titi ne s’en laisse pas compter, et
au changement d’orchestre, Titi bat des ailes et fausse compagnie au crocodile. Il s’échappe. Sauf que maintenant Titi est seul… il fait froid… il fait noir… Rien ne le
rassure.
Yoppodo Il se met furtivement à penser à tata Léonie et à son neveu Ephemeridiae, deux
être doux et affectueux. Mais il fait noir et une pensée terrible l’assaille « dans la nuit, comment reconnaître si tous les chats sont gris » ?
Skal C’est alors que l’on entend une voix sortie d’un haut-parleur : « coupez, coupez la scène est bonne » et les lumières se rallument sur le plateau
de cinéma.
Yoppodo Non, ce n’est pas du cinéma, s’écrie Titi avec
effroi. C’est la vie, la vraie. Ces lumières, ces flashes qui l’aveuglent, ce sont des voitures de police. Le clap n’est que le bruit des portières qui se ferment bruyamment. On le saisit
fermement par les ailes pour l’emmener au poste de police où Roger Ninnah* l’attend pour l’interroger sur son ami l’hippopotame, danseur de tango émérite …
Yoppodo ... et trafiquant d’opium à l’occasion. L’inspecteur Ninnah suivait cette piste
ainsi que le livreur de pizza. Pizzas qui recelaient les objets de ses délits et qu’il livrait à domicile. Titi serait-il en danger ? Son pedigree est pourtant clean. Va-t-on l’accuser de
complicité ? Que sont devenus Nicolas et Pimprenelle ? songe-t-il soudain.
Ephemeridiae
Nicolas et Pimprenelle sont restés bloqués depuis le livreur de pizzas. Ils cherchent des informations pouvant leur faire remonter la trace de la
disparition de Titi, quand ils voient au loin, une forme qui se rapproche… Elle claudique, titube, semble faire quelques arrêts et, d’un geste de la main, elle les appelle, elle leur fait
signe, leur demande de la rejoindre. Les enfants s’approchent de la forme et arrivent enfin à la distinguer… Il s’agit de…
Polly … madame Dusillon, hagarde et fatiguée. Elle revenait du bois où elle avait eu son rendez-vous hebdomadaire avec un ami qui vivait là-bas. Pendant sa promenade,
elle avait fait voler la boîte à pizza et l’avait suivie du regard. La boîte était tombée dans la ferme des crocodiles. Elle était presque sûre que c’était celle de laquelle Titi s’était
échappé.
Skal Madame Dusillon se dit : « Aaaah ! si je connaissais un type capable de délivrer les infirmières Bulgares ou les hôtesses de l’air Espagnoles, il
pourrait peut-être m’aider à retrouver et délivrer le Titi. Hélas, ce type n’existait pas ou alors dans les mauvais romans.
Croc Dans les romans de gare, faute d’Airbus ! Elle se rappela alors que dans une autre vie, Nicolas et Primprenelle étaient amis avec un type louche qui
maniait la poudre comme d’autres les spaguetti. Surnommé dans son milieu « le marchand de sable », il avait pour habitude de se faire protéger par une brute épaisse, pas méchante,
mais bâtie en force, qu’on appelait à cause de son gabarit : « Nounours ». Ils oeuvraient pour un gang appelé ORTF, craint de tous, car il avait le monopole de la boîte à images,
bien avant que la terrible bande de la Starac’ ne terrorisât les populations. Madame Dusillon résolut alors de…
Sumi … d’appeler le commissaire Navarro qui venait de remplacer Maigret. Elle était en fait contente de ce changement car elle ne supportait pas l’odeur de la
pipe.
Chana Mais elle se ravisa.
Polly Elle préféra leur donner un plan tout à fait foireux, les expédiant près de Neuilly où des voleurs de scooters se faisaient prendre facilement. Peut-être
pourrait-on ainsi se débarrasser de la bande du marchand de sable et de celle de la Star ac’ par la même occasion. Pimprenelle et Nicolas confiants…
Epilogue
... restèrent au poste de police espérant que les malfrats seraient très vite arrêtés par le grand commissaire Navarro. Madame Dusillon avait
tout expliqué aux enquêteurs, Titi attendait dans une cage qu’un vétérinaire vienne l’ausculter avant d’être remis à ses propriétaires. Finalement il avait été disculpé. Son témoignage
avait convaincu la police.
Pendant ce temps et d’un commun accord, les parents de nos deux compères avaient décidé de donner une bonne leçon à leurs enfants. Lorsqu’ils
arrivèrent au commissariat, ils récupérèrent Titi et laissèrent Nicolas et Pimprenelle se remettre de toutes leurs émotions… au chaud, derrière les barreaux.
Quant à Titi, exténué par sa folle course, il retrouva sa cage, s’endormit très vite et rêva au crocodile danseur qui s’était pris pour
Marilyn. Que d’histoires il aura à raconter à Grosminet demain matin. Sûr qu’il s’en lèchera les babines le matou ! Mais il ne faudrait pas qu'il se mette à chanter et à
danser ! Titi serait bien en peine d'accepter une invitation sans son beau smoking oublié là-bas, dans la rivière.
Si vous avez envie de proposer votre propre épilogue à cette histoire, surtout n'hésitez pas. Je le publierai à la suite de celui-ci
Grâce à vous cette histoire a vu le jour. J'espère très sincèrement que la prochaine histoire exquise connaîtra autant de succès. C'est un grand merci que je vous adresse pour
votre(vos) participation(s) et votre imagination.
J'affinerai sans doute les règles du jeu afin de n'être pas obligée de clôturer trop tôt le jeu la prochaine fois.
Pour le bêtisier : c'est ICI
Toute personne souhaitant participer est la bienvenue. C'est un jeu. Un jeu et pas un atelier d'écriture
avec des règles strictes. Ici, l'on vient pour s'amuser et passer un bon moment, enfin je l'espère. (en restant bien évidemment dans le respect des CGU d'over-blog qui sont les miennes
aussi.)
Si les règles ne vous plaisent pas, si l'esprit de ce jeu ne vous convient pas (et si vous ne supportez pas de me voir intervenir pour un meilleur confort de lecture des
suites) passez votre chemin ou allez découvrir d'autres de mes rubriques. Mais ce blog ne sera pas un champ de bataille, n'en déplaise à ceux qui le pensaient.
Dieu sait si je suis ouverte aux critiques, avis et suggestions, mais vous savez, c'est comme dans la vie, il y a façon et façon de dire les choses. Mais peut-être ai-je tendance à trop
souvent penser que l'intelligence humaine est sans tâche.
Merci par avance à tous les participants qui souhaiteront continuer l'aventure.
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