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Vivre ou exister
Il s'en passe des choses étranges dans ma
tête quand je me mets à "pseudo-philosopher" sur mon comptoir avec moi-même! Je me demande parfois où est-ce que je peux bien aller chercher tout cela. Je lis quelque chose, je m'arrête à un mot
et ce même mot m'emporte parfois très loin.
J'ai désiré aujourd'hui vous faire partager les papotages secrets qui m'animent mais je me demande s'il n'eût pas été préférable qu'ils restassent secrets.Donc, prenez des
vitamines et des aspirines parce que le côté tordu de mes réfléxions peut souvent épuiser et donner mal à la tête.
Le mot responsable de tout ce carnage est : EXISTENCE ou plus exactement son verbe : EXISTER. Je le mets en parallèle avec le mot :
VIVRE et j'oppose le tout à la nature. Inné ou acquis ? Bon, je vous laisse voir par vous-mêmes.
Vivre est-il naturel ?
Si exister est naturel, vivre semble être une épreuve.
Exister, c'est avoir deux jambes, deux bras, des poumons, un cerveau et un coeur qui bat.
Nous existons dès lors que nous poussons notre premier cri. L'enfant est en vie. Tout va bien. Mais quelle sera la vie de ce petit être ? Cela, la nature ne peut le décider car les futures
variables sont bien trop nombreuses.
Vivre n'est donc pas si naturel.
Le petit d'homme sera soumis aux exigences et influences familiales puis scolaires et enfin professionnelles et sociales. Son entourage affectif et amical sera, lui aussi, déterminant. Quant à
ses expériences, elles dépendront des hasards de l'existence, allant jusqu'à le forger ou le décevoir.
La teneur des années qui suivront sera dépendante de l'inné, bien sûr, mais aussi des acquis, des rencontres, des lieux, des perches qu'il aura ou non saisies et de certains facteurs émotionnels
qui le freineront ou, au contraire, l'encourageront.
Peut-on alors avancer que la notion de "Vivre" est une pré-détermination de facteurs variés que l'on ne peut toujours anticiper ou maîtriser, qui chacun laissera une empreinte plus ou moins bien
gérée ? Dès lors, vivre est une succession de fabrications intérieures associées les unes aux autres et qui formeront le futur adulte qu'il sera.
Vivre n'aurait-il donc rien d'inné ?
Tout comme les milliers de bébés qui naîtront le même jour, ce petit enfant apprendra à marcher, à manger seul, à se laver et à s'habiller. Il apprendra le chemin de l'école puis de la fac. Il
travaillera pour assurer sa subsistance. Mais, en déviant de cette trajectoire bien balisée, il prendrait le risque de tomber. Avec de la chance, il trouvera quelqu'un pour l'aider à se remettre
sur les rails. Mais peut-être lui aura-t-on appris à se relever tout seul. Grand luxe suprême.
Durant toute son existence, l'être humain doit "gagner sa vie". Gagner sa vie ! Quelle étrange façon de devoir imaginer les 70 ou 80 années futures !!! On nous offre l'existence
mais, pour continuer à vivre, il faut gagner sa vie.
Naturelle la vie ?
Parfois aussi, nous bataillons pour ne serait-ce que vivre et pour beaucoup, ce ne sera que survie car personne n'enseigne l'apprentissage de la vie. Personne ne le peut
d'ailleurs. Connaissance bénie qu'il serait si confortable de posséder, celle-là même qui, si elle est maîtrisée, crée l'essence de notre quotidien et lui permet substance, profondeur et
épanouissement.
L'homme pourrait alors dire : je vis. Envolées les déceptions, envolées les frustrations puisque l'apprentissage de la vie lui aura permis de les gérer.
Tout cela est bien sûr utopie mais qu'il est bon d'imaginer, pour quelques minutes, que la vie pourrait être plus facile si, avant de savoir parler, nous savions tout simplement vivre.
Le premier cri, rassurant pour l'entourage, est ce son aigü que l'homme pousse en naissant. De simples cordes vocales, symboles de souffrance pour ce bébé à qui l'on aura appris à marcher et qui,
toute sa vie durant, essaiera juste de tenir debout.
Bon ! J'ai réussi à me donner la migraine. Toute seule comme une grande ! Je vais prendre une aspirine et me coucher. Sûr, demain ça ira
mieux.
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