les billets de chana
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Elle : comment est venue cette idée de créer un blog ?
Moi : Tout a démarré à partir d’une inscription à un atelier d’écriture. En lisant le premier commentaire envoyé sur l’un de mes textes, j’ai constaté, parallèlement à la signature de la personne, que celle-ci avait un blog. Je lui ai rendu une petite visite puis l’idée a fait son chemin et, un mois plus tard, j’ai commencé à m’y intéresser.
Elle : qu’en as-tu pensé ?
Moi : au début pas grand-chose si ce n’est que je trouvais ce blog très beau et très agréable. Je
découvrais cet univers pour la première fois et m’y promenais à tâtons, timidement, un peu comme si j’entrais chez quelqu’un pour la première fois. J’ai ouvert une page, puis une autre et me suis
laissée emmener. J’enviais presque cette personne d’avoir su créer un univers virtuel où l’on pouvait pénétrer et découvrir un peu d’elle-même.
Elle : comment en es-tu arrivée à créer le tien ?
Moi : j’ai hésité plusieurs semaines. Plus par méconnaissance en fait. Je pensais que cela était réservé aux autres. J’avais déjà entendu parler des blogs et du développement incroyable dont ils jouissaient alors un jour je me suis décidée.
Elle : cela a-t-il été difficile ?
Moi : oh que oui. Je n’y connaissais rien. Absolument rien (je n’en connais pas beaucoup plus aujourd’hui). J’ai tâtonné des heures et des heures. Non pour me décider mais pour faire correctement les choses. Choisir un nom, des tags, un avatar, bâtir la structure du blog, apprendre à s’en servir. Faire, défaire, refaire. Ce monde nouveau, ce vocabulaire nouveau, me donnaient l’impression que je n’y parviendrai jamais. J’ai également visité beaucoup d’autres blogs pour voir comment ils étaient faits, ce qui s’y disait, les amis des uns, les articles des autres. J’en ai ouvert des pages ! Je suis toujours tentée d’aller plus avec ces liens à l’infini.
Elle : à présent tu as le tien
Moi : c’est vrai et cela fait neuf jours mais j’ai mis au moins deux jours avant d’être moyennement satisfaite du résultat. Cela étant fait je me suis retrouvée face à mon écran à me demander avec quoi j’allais l’étoffer. Cela me fait penser à un bébé dont on s’occupe. C’est un peu – beaucoup – de la création tout cela. A toute petite petite échelle en ce qui me concerne, mais de la création tout de même, j’y tiens.
Elle : tu as déjà publié sur ton blog ?
Moi : oui, cinq billets déjà. Je m’applique, je prends le temps. Sauf peut-être pour le premier billet. J’avais tellement hâte de dire quelque chose que je ne suis pas allée au fond de l’article. Mais j’ai toujours autant de mal avec l’emplacement d’une image. Je m’y prends à plusieurs fois si bien qu’il passe un temps fou entre l’article rédigé et sa publication.
Elle : articles, publication, rédaction, tu en parles comme d’un métier
Moi : Ce sont les mots utilisés ici. Après tout, étant donné le temps que j’y passe, c’est un peu comme un deuxième métier sans être du métier. Je ne suis ni journaliste, ni écrivain, ni poète, rien de tout cela. Pourtant, il plane comme un souhait de reconnaissance et d’attention à entrer dans la spirale infernale de la « blog attitude ».
Elle : tu y passes autant de temps que cela ?
Moi : oui. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. Je passe de ma page « administration » à mon blog, de mon blog à mes communautés, de mes communautés aux blogs des autres. Puis je reviens à mon blog : sait-on jamais, j’y découvrirai peut-être un nouveau commentaire. Et si, oh grand bonheur, je vois qu’on m’en a laissé un, je m’empresse de le lire et de soigner ma réponse. Comme si rien ne pouvait attendre. Et cette joie d’avoir été lue, et cette frustration de ne pas l’avoir été ! Et re blog pour voir comment ma réponse apparaît, re, re, re. Puis je peaufine un futur billet. Mais pour l’habiller un peu il me faut une image. Re…re… C’est ainsi que mes dernières journées ont passé : de mon blog à ceux des autres.
Elle : tu ne travailles
pas ?
Moi : si, si. Mais il me reste encore quelques jours avant de reprendre le rythme de mes journées de boulot. Cette création de blog est tombée
au bon moment.
Elle : comment feras-tu ensuite ? Tu comptes y passer tes nuits ?
Moi : évidemment non. La reprise du travail me permettra de prendre un peu de recul face à mon engouement tout frais. Je crois que j’ai un peu exagéré ces derniers jours. J’ai plongé à corps perdu dans l’atmosphère des blogs mais je ne le regrette pas. Est-ce l’attrait de la nouveauté ou bien les conséquences de l’ego d’une « écriveuse » ? Je ne sais pas.
Elle : tu écris pour toi ?
Moi : pourquoi cette question ?
Elle : à t’entendre parler de commentaires, on pourrait croire que la satisfaction que tu as d’écrire, se mesure au nombre de commentaires que tu reçois.
Moi : en fait, il se passe une chose étrange. Certes j’écris d’abord pour moi parce que j’aime écrire sur des choses aussi sérieuses que légères pourtant, il est quand même sacrément flatteur d’être lue par d’autres. Cela dit, n’est-il pas naturel de se sentir heureux d’avoir proposé un écrit quel qu’il soit ? N’est-il pas légitime de ressentir un certain bien-être lorsque l’on sait qu’un visiteur l’a lu ? Ce sont là - je pense - les buts avoués ou non que nous avons tous en créant un blog. Sinon, nous nous contenterions de laisser écrits, images, pensées, discussions, musiques et autres, dans la mémoire de notre cher ordinateur, sans jamais les partager.
Elle : les autres blogueurs pensent-ils ainsi ?
Moi : je ne l’affirmerai pas mais je le pense, oui. Si toutefois je me trompe, je compte sur eux pour m’en faire la remarque. En tous les cas, je ressens bien la notion de partage. Et de respect aussi.
Elle : que ressens-tu lorsque tu publies ?
Moi : un étrange mélange de satisfaction et de pudeur mêlées. Satisfaction d’avoir créé et pudeur lorsque je suis sur le point de le partager. C’est toujours la même chose : au moment de faire lire (sur blog ou ailleurs autour de moi), je n’arrive pas à sauter la phase « timidité - humilité». Je sais que c’est une phase de grande retenue car je suis sur le point de me livrer de façon directe ou indirecte mais, parallèlement, le phénomène inverse se met en place dès lors que je me suis livrée : une forme d’impudeur, presque un abandon. On est lu : on s’expose !
Elle : ne crains-tu pas d’être reconnue à partir de certains détails ?
Moi : sous un pseudo cela me paraît difficile. Je dirais plutôt que ceux qui ne me connaissent qu’à travers un nom d’emprunt me découvrent et ceux à qui j’ai donné mon adresse de blog et qui savent qui je suis me perçoivent sous une autre facette.
Elle : on reste principalement dans un monde de mystère !
Moi : oui, je pense aussi. A travers un écrit ou l’atmosphère que dégage un blog, on entre chez l’autre, on l’imagine. Oui, c’est un monde de mystère où le rêve tient une grande place. Si j’en crois Gérard de Nerval, le rêve est une seconde vie, non ?
Paradoxalement, l’on ressent comme un désir de sortir de l’ombre dans ce monde de mystère. Sortie d’ombre toute relative et très protégée.
Elle : pour conclure : tes premières impressions ?
Moi : Je retiens surtout ceci : de la majorité des blogs que j’ai visités ici (peu, cela ne fait que neuf jours) il se dégage une atmosphère conviviale et chaleureuse. Je suis agréablement surprise par l’aide et l’entraide que l’on peut y trouver chez certains. Quant à la considération des visiteurs qui laissent un commentaire, jusque-là elle est totale : il y a, toujours une réponse. C’est un univers où il fait bon se promener, flâner, s’arrêter et revenir.
Bonjour wings of hope et merci de ta visite. Billet-interview, cela change ! Merci de tes encouragements. Chana
Voilà... un blog a toujours sa raison d'être... inconnue ou non, qu'importe ? Les liens se créent... à travers des mots échangés, des bisous dits du bout des doigts et que l'on perçoit tout de même, d'un regard sur l'écran... On sent la présence, palpable... comme si l'autre était là, tout près.
Aujourd'hui je voulais te l'écrire, merci, Chana... 
Tu vois, je vais juste te remercier de ta visite Quichotiine. Je répondrai à ce commentaire plus que touchant dans un second temps et je sais que tu comprends ces choses-là. Pour cela, je viendrai dans l'antre plus intimiste de Quichottine pour développer, si tu me le permets bien sûr. Cela ne m'empêche pas cependant de te souhaiter une très très belle soirée.
(site web)
le: 30/11/2007 02:04:32
Bonne soirée, Chana.
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